Avant de signer à Accra, Lusaka ou Colombo, un exportateur consulte une grille. Il en existe au moins trois d'usage courant en France : la classification de l'OCDE, qui sert à tarifer les garanties publiques ; les évaluations de Coface ; celles d'Allianz Trade. Chacune tient en une lettre ou un chiffre, ce qui fait à la fois son succès et son danger. Car ces trois grilles, appliquées le même trimestre aux mêmes pays, ne donnent pas la même réponse — et aucune n'a annoncé les coups d'État qui ont renversé les gouvernements du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Gabon depuis 2020.

Cette enquête a confronté les documents primaires : la liste OCDE en vigueur depuis le 26 juin 2026, la carte Coface de février 2026 et ses fiches pays, l'Atlas Allianz Trade 2026, les communiqués du FMI et des Trésors concernés pour les défauts du Ghana, de la Zambie et du Sri Lanka, l'analyse annuelle 2025 des Douanes et les documents publics de Bpifrance Assurance Export. Chaque chiffre a été vérifié le 6 septembre 2026.


L'enquête en 30 secondes

Source — Le Journal LSI — voix de synthèse

Que mesurent réellement les trois grilles que tout le monde cite ?

La classification OCDE n'est pas une note de solvabilité générale. Elle est produite par les experts des agences de crédit-export des pays participants à l'Arrangement sur les crédits à l'exportation bénéficiant d'un soutien public. L'OCDE la définit elle-même comme « une brique fondamentale des règles de l'Arrangement sur les primes minimales » et précise qu'elle « reflète le risque qu'un pays ne soit pas en mesure de rembourser sa dette extérieure ». Huit catégories, de 0 (risque le plus faible) à 7 (le plus élevé) ; les pays à haut revenu de l'OCDE et de la zone euro ne sont pas classés. La liste est révisée au moins une fois par an et à chaque changement fondamental. Ce que la grille mesure, c'est donc la probabilité qu'un État — ou sa banque centrale — bloque les transferts ou cesse de payer sur des crédits de plus de deux ans. Elle ne dit rien d'un acheteur privé qui règle ses factures à 60 jours.

L'évaluation Coface répond à une autre question. L'assureur-crédit publie « 160 évaluations pays, établies sur la base de données macroéconomiques, financières et politiques », qui « fournissent une estimation du risque de crédit moyen des entreprises d'un pays ». L'échelle compte huit niveaux : A1 (très faible), A2, A3, A4, B, C (élevé), D (très élevé) et E (extrême). La méthode croise une expertise macroéconomique, une appréciation de l'environnement des affaires et « 70 ans d'expérience en matière de paiement » tirés du portefeuille de l'assureur. L'objet mesuré est le risque d'impayé des entreprises, pas celui de l'État.

Allianz Trade publie chaque année un Atlas des risques pays. L'édition 2026, datée du 16 février, couvre 83 pays représentant environ 94 % du PIB mondial et repose sur un modèle combinant 17 indicateurs de court terme et 18 de moyen terme. La note associe une lettre de moyen terme (de AA à D) et un chiffre de court terme (de 1 à 4) : C4, D3, B1. En 2026, l'assureur a relevé 36 pays et en a abaissé 14 — la France figure parmi les abaissés, le Vietnam parmi les relevés.

Trois grilles, trois objets : le souverain pour l'OCDE, l'entreprise moyenne pour Coface, un mélange de conjoncture et de structure pour Allianz Trade. Les lire comme trois avis sur « le risque » d'un pays est la première erreur.

Pourquoi le Ghana est-il 7 sur 7 pour l'OCDE et seulement C pour Coface ?

Le cas est le plus parlant. Au 26 juin 2026, l'OCDE classe le Ghana en catégorie 7, la plus risquée, aux côtés de la Zambie, du Sri Lanka, du Kenya, du Sénégal, du Pakistan, de l'Éthiopie, du Niger, du Mali, du Burkina Faso et du Gabon. Coface, sur sa fiche pays consultée le 6 septembre 2026, note le Ghana C — soit le cinquième niveau sur huit — avec un climat des affaires B. Allianz Trade le classe C4, « risque élevé pour l'entreprise », dans un rapport de janvier 2026 qui relève une croissance de 5,8 % en 2025, une inflation attendue à 6,2 % en 2026 et un cedi apprécié d'environ 27 % face au dollar en 2025.


Catégorie OCDE (0 à 7) et notes Coface / Allianz Trade pour les mêmes pays

Source — OCDE, Country Risk Classifications of the Participants to the Arrangement, liste en vigueur au 26 juin 2026 ; Coface, fiches risques pays consultées le 6 septembre 2026 (échelle A1 à E) ; Allianz Trade, rapports pays de janvier-février 2026 (lettre de moyen terme + chiffre de court terme).

L'écart n'est pas une erreur de l'une ou de l'autre : il tient à l'objet mesuré. Pour une agence de crédit-export, le Ghana reste un débiteur souverain en restructuration. L'accord bilatéral entre Paris et Accra sur la dette officielle n'a été signé qu'en juillet 2025, pour 87,7 millions de dollars, selon la Direction générale du Trésor — et la classification OCDE intègre précisément l'expérience de paiement des agences publiques. Pour Coface, la question est de savoir si une entreprise ghanéenne paiera son fournisseur français dans les douze à dix-huit mois ; une croissance proche de 6 %, une inflation divisée par deux et une monnaie qui s'apprécie répondent plutôt oui. Les deux grilles ont raison, sur deux questions différentes.

Le Kenya illustre l'autre face du même phénomène. Le pays n'a jamais fait défaut, mais l'OCDE le place en catégorie 7 depuis la liste de juin 2026, quand Coface le note C avec un climat des affaires A4 — le meilleur des pays africains examinés ici — et Allianz Trade C3. Un exportateur qui ne lirait que la catégorie OCDE traiterait le Kenya comme le Sri Lanka en défaut ; celui qui ne lirait que Coface le traiterait comme le Ghana. Aucun des deux n'aurait tout à fait tort.

Une dernière subtilité mérite d'être notée chez Allianz Trade : la Zambie est classée D3 et qualifiée de « risque sensible », le Ghana C4 et qualifié de « risque élevé ». La lettre de moyen terme de la Zambie est pire, mais le chiffre de court terme du Ghana est plus mauvais, et c'est ce dernier qui commande le libellé. Deux entreprises qui compareraient les seules lettres concluraient à l'inverse de l'assureur.

Qu'ont coûté les défauts du Ghana, de la Zambie et du Sri Lanka, et combien de temps ont-ils duré ?

Les trois défauts souverains les plus commentés de la décennie fournissent l'étalon de ce qu'une catégorie 7 peut signifier concrètement.


Trois défauts souverains, du premier impayé à la sortie de restructuration

La Zambie manque un coupon

Premier défaut souverain africain de l'ère Covid. Fin 2022, la dette extérieure atteindra 18,32 milliards de dollars, dont 6,32 milliards dus à des créanciers bilatéraux et 8,4 milliards à des créanciers privés, parmi lesquels 3 milliards d'euro-obligations.

Source — FMI, communiqués 22/297 (31 août 2022), 23/79 (20 mars 2023), 23/151 (17 mai 2023) et 24/242 (26 juin 2024) ; ministère des Finances du Sri Lanka, communiqué sur la restructuration des ISB (2024) ; Direction générale du Trésor, fiche Ghana (16 octobre 2025) ; Center for Global Development, étude de cas Zambie (2024).

Additionnées, les seules euro-obligations restructurées de ces trois pays représentent environ 28,5 milliards de dollars : 13 pour le Ghana, 3 pour la Zambie, 12,5 pour le Sri Lanka. Les programmes du FMI mobilisés en parallèle atteignent environ 7,7 milliards de dollars, dont 3 pour le Ghana, 3 pour le Sri Lanka et 1,7 pour la Zambie après augmentation.

Le coût le moins visible est le temps. Entre le coupon manqué et l'échange des obligations, la Zambie a passé 43 mois en défaut ; le Sri Lanka, 32 mois entre son moratoire et sa sortie de défaut ; le Ghana, 22 mois. Pendant cette période, un exportateur non couvert dont l'acheteur public ou parapublic était touché n'avait ni recours efficace ni calendrier. Pour un acheteur privé, la période s'est traduite par des restrictions d'accès aux devises et une monnaie en chute — au Ghana, la dette publique est passée de 79,1 % du PIB en 2023 à 70,2 % en 2024 selon la DG Trésor, et Allianz Trade l'estime à 70,3 % pour 2025 quand le Trésor projetait 66 % : deux estimations faites à des dates différentes, dans une économie où le taux de change bouge de 27 % dans l'année.

Ces trois cas ne sont pas isolés. La Banque mondiale, dans son International Debt Report publié en décembre 2025, chiffre le service de la dette extérieure des pays à revenu faible et intermédiaire à 415,4 milliards de dollars en 2024, en hausse de 2,2 %, et relève que 90 milliards de dollars de dette extérieure ont été restructurés dans l'année — le montant le plus élevé depuis 2010. Sur 2022-2024, ces pays ont enregistré 741 milliards de dollars de sorties nettes au titre de leur dette extérieure, un record en cinquante ans.

Quel poids l'Afrique et l'Asie pèsent-elles vraiment dans les exportations françaises ?

La question mérite d'être posée avant de parler de « stratégie Afrique » ou de « pivot asiatique ». Les Douanes ont publié le 9 février 2026 leur analyse annuelle du commerce extérieur 2025. Les exportations françaises de biens atteignent 614,7 milliards d'euros, en hausse de 2,5 %, pour un déficit ramené à 69,2 milliards.


Exportations françaises de biens par zone en 2025 (milliards d'euros, arrondis)

0 Md€

vers l'Union européenne, soit 53,7 % du total

0 Md€

vers l'Asie, soit 12,2 % du total, en recul de 4,8 % sur un an

0 Md€

vers l'Afrique, soit 4,8 % du total — autant que vers la Chine et Hong Kong réunis

0 Md€

vers le Proche et Moyen-Orient, en hausse de 43,4 % sur un an

Source — Direction générale des douanes et droits indirects, Le chiffre du commerce extérieur — Analyse annuelle 2025, publiée le 9 février 2026. Données FAB hors matériel militaire, total 602,3 Md€. Valeurs exactes : UE 323,1 ; Europe hors UE 85,4 ; Asie 73,3 ; Amérique 66,7 ; Afrique 28,9 ; Proche et Moyen-Orient 22,1.

Hors matériel militaire, la base de calcul des Douanes s'établit à 602,3 milliards d'euros. L'Union européenne en absorbe 323,1 milliards (53,7 %), l'Europe hors UE 85,4 milliards (14,2 %), l'Amérique 66,7 milliards (11,1 %). L'Asie reçoit 73,3 milliards, soit 12,2 %, dont 28,9 milliards pour la Chine et Hong Kong ; l'Afrique entière reçoit 28,9 milliards, soit 4,8 % — exactement le même montant que la Chine et Hong Kong. Le Proche et Moyen-Orient, avec 22,1 milliards, pèse 3,7 % mais progresse de 43,4 % en un an, tiré par l'aéronautique.

La tendance longue est plus instructive que la photographie. En 2010, l'Afrique représentait 26,6 milliards d'euros et 6,8 % des exportations françaises ; en 2000, 18,3 milliards et 5,6 %. Quinze ans plus tard, le montant a progressé de 2,3 milliards seulement et la part a perdu deux points. L'Asie, elle, est passée de 11,1 % en 2010 à 12,2 % en 2025, mais recule de 4,8 % sur la seule année 2025. À l'import, le déséquilibre est plus net encore : la France achète 134,6 milliards d'euros de biens en Asie (19,4 % de ses importations) et 35,3 milliards en Afrique (5,1 %).

Ces ordres de grandeur relativisent l'enjeu macroéconomique du risque pays africain pour l'économie française : moins de 5 % des exportations de biens. Ils ne le relativisent pas pour l'entreprise concernée, dont l'exposition peut être de 100 % sur un contrat.

Que garantit l'État français, et à quel prix ?

Le principal instrument public est géré par Bpifrance Assurance Export au nom, pour le compte et sous le contrôle de l'État. Son bilan 2025, publié le 17 février 2026, fait état d'un record : plus de 30 milliards d'euros de garanties et 1 500 entreprises accompagnées, dont 29 milliards en assurance-crédit, près de 90 % des bénéficiaires étant des PME et ETI. Le chiffre est toutefois gonflé par une seule opération : 6 milliards d'euros de garantie pour la centrale nucléaire britannique de Sizewell C.

Le Panorama 2024 de l'assureur public, plus détaillé, donne l'échelle du dispositif : 68,9 milliards d'euros d'encours total en assurance-crédit, 513 millions d'euros de primes encaissées dans l'année, 135 millions d'indemnités versées (contre 542 millions en 2023) et 327 millions de récupérations sur sinistres anciens. Le document relève aussi que le crédit export public — 270 millions d'euros d'engagements en 2024 — s'est concentré à 91 % sur l'Afrique en nombre de dossiers, avec une diversification vers la Guinée, l'Angola et Maurice, et que « le coût du risque connaît une hausse notoire du fait d'un encours sénégalais pour partie en watch list ». Quatorze mois plus tard, Coface abaissait le Sénégal de B à C.

Combien cela coûte-t-il à l'exportateur ? Pour l'assurance-crédit, Bpifrance ne publie pas de barème : la prime « varie selon la nature du risque couvert, les faits générateurs (commercial, politique), la classification du pays dans les 8 catégories de primes, la catégorie de risque débiteur, la durée du risque et la structure du financement ». Les 8 catégories sont celles de l'OCDE, dont l'Arrangement fixe les primes minimales. Une part française d'au moins 20 % du contrat est exigée. Le pays doit en outre être « ouvert » au sens de la Politique de financement export arrêtée chaque année par l'État : la carte publiée par Bpifrance distingue les pays ouverts sans condition, ouverts avec vigilance, ouverts sous conditions et fermés — ces derniers étant, au 6 septembre 2026, le Nicaragua, l'Érythrée, la Somalie, le Soudan du Sud, le Zimbabwe, la Birmanie, la Corée du Nord, la Biélorussie, l'Iran, l'Afghanistan et le Yémen.

Le tarif est en revanche public pour l'Assurance Prospection, le produit le plus distribué en nombre de clients (1 059 demandes acceptées en 2024 pour 246 millions d'euros) : une prime unique de 3 % du budget garanti, une quotité de 65 % pour les entreprises industrielles ou engagées dans un verdissement et de 50 % pour les autres, deux formules de 7 ans (2 ans de prospection, 3 ans de remboursement) ou 9 ans (3 et 4 ans), un remboursement minimum de 30 % de l'indemnité perçue quelle que soit l'issue commerciale, et un plafond de 500 millions d'euros de chiffre d'affaires pour être éligible. Ce n'est donc pas une subvention : c'est une avance remboursable, partiellement abandonnée en cas d'échec.

Qu'est-ce qu'aucune grille n'a vu venir au Sahel ?

Depuis 2020, l'Afrique de l'Ouest et centrale a connu, selon le décompte de Coface publié en avril 2024, 14 tentatives de coup d'État dont 9 réussies — et 8 de ces 9 dans des pays francophones : Mali (août 2020, mai 2021), Guinée (septembre 2021), Burkina Faso (janvier et septembre 2022), Niger (26 juillet 2023), Gabon (30 août 2023), sans compter le Soudan (2019, 2021). Sur l'ensemble de la période 1950-septembre 2023, l'Afrique concentre 44 % des 491 coups d'État recensés dans le monde.

Qu'en disaient les grilles ? La classification OCDE plaçait déjà le Niger, le Mali et le Burkina Faso en catégorie 7 dans son premier tableau historique, celui de janvier 1999. Ils y sont toujours le 26 juin 2026. Une grille qui répond « 7 » pendant vingt-sept ans n'a rien prédit en août 2020 ni en juillet 2023 : elle a simplement décrit un pays pauvre et endetté, ce qui est vrai de cinquante autres membres de la catégorie. Le Gabon, lui aussi en catégorie 7 aujourd'hui, est noté C par Coface — la même lettre que le Ghana et le Kenya — avec un climat des affaires D. Le Niger est noté D par Coface, comme la Zambie et le Sri Lanka, deux pays qui n'ont connu ni putsch ni sanctions régionales.

Coface est d'ailleurs le seul des trois acteurs à avoir publié une analyse spécifique, et elle est honnête sur ses limites. Ses économistes écrivent qu'il est « difficile d'isoler l'effet direct d'un coup d'État de celui d'autres chocs exogènes » sur la croissance ou l'investissement, au point d'avoir choisi d'étudier l'aide publique au développement plutôt que le PIB. Le baromètre du troisième trimestre 2023, publié quelques semaines après Niamey et Libreville, procédait à 7 changements d'évaluation pays, 2 relèvements et 5 abaissements, en citant le Niger et le Gabon comme illustrations d'un « risque politique et social en hausse » — après coup.

Ce n'est pas une critique de ces institutions : aucune n'a jamais prétendu prévoir un putsch. C'est une critique de l'usage qui en est fait. Une lettre ou un chiffre condense la capacité de paiement ; il ne condense ni la cohésion d'une garde présidentielle ni l'issue d'une élection contestée. Le Sénégal, catégorie 7 à l'OCDE, abaissé à C par Coface en février 2026 pour une dette évaluée à près de 130 % du PIB et un programme FMI suspendu, déjà signalé « en watch list » par Bpifrance dès 2024, montre que les grilles savent converger quand les comptes publics parlent. Elles convergent moins quand c'est l'armée qui parle.

Ce que cette enquête n'a pas pu établir

L'OCDE ne publie pas la motivation de ses classements par pays ; l'explication de l'écart Ghana ou Kenya entre catégorie 7 et note C repose sur la définition officielle des deux grilles, pas sur un document interne aux comités.

Les fiches pays Coface indiquent une note « actuelle » et une note « précédente » sans dater le changement. Nous savons que le Sénégal a été abaissé de B à C en février 2026 parce que le baromètre le dit ; pour le Niger ou le Gabon, il n'a pas été possible d'établir la note en vigueur la veille de chaque coup d'État.

Bpifrance ne publie pas de barème de primes pour l'assurance-crédit, seulement les paramètres qui la déterminent. Le coût réel d'une couverture sur le Ghana ou le Kenya n'est connu que sur devis. De même, la part des exportations françaises vers l'Afrique effectivement couverte par une garantie publique n'apparaît dans aucun document consulté.

Les données douanières portent sur les biens. Les services — ingénierie, conseil, numérique, tourisme — qui constituent une part importante de la présence française en Afrique et en Asie, relèvent de la balance des paiements et ne sont pas comptés ici.

Enfin, l'Atlas Allianz Trade ne couvre que 83 pays : plusieurs États africains cités par l'OCDE et Coface n'y figurent pas, ce qui limite la comparaison à trois grilles aux pays les plus suivis.

FAQ

Quelle est la différence entre la classification OCDE et la note Coface d'un pays ?

La classification OCDE, de 0 à 7, mesure le risque qu'un État ne rembourse pas sa dette extérieure ; elle sert à fixer les primes minimales des crédits-export garantis par les États. La note Coface, de A1 à E, estime le risque de crédit moyen des entreprises d'un pays. Un même pays peut être 7 pour l'OCDE et C pour Coface, comme le Ghana ou le Kenya en 2026.

Quels pays d'Afrique et d'Asie sont en catégorie 7 à l'OCDE en 2026 ?

Sur la liste en vigueur au 26 juin 2026 figurent notamment le Ghana, la Zambie, le Sri Lanka, le Kenya, le Sénégal, l'Éthiopie, le Pakistan, le Niger, le Mali, le Burkina Faso, le Gabon et la Tunisie. Le Nigeria et l'Égypte sont en 6, la Côte d'Ivoire en 5, le Vietnam a été relevé de 4 à 3, l'Inde et le Maroc sont en 3, la Chine en 2.

Combien ont coûté les défauts du Ghana, de la Zambie et du Sri Lanka ?

Les euro-obligations restructurées représentent environ 13 milliards de dollars pour le Ghana (échange bouclé en octobre 2024), 3 milliards pour la Zambie (juin 2024) et 12,5 milliards pour le Sri Lanka (décembre 2024). Les programmes FMI associés s'élèvent à environ 3 milliards de dollars pour le Ghana, 3 milliards pour le Sri Lanka et 1,7 milliard pour la Zambie. Les périodes de défaut ont duré de 22 à 43 mois.

Que coûte une garantie publique Bpifrance à l'export ?

L'Assurance Prospection coûte une prime unique de 3 % du budget garanti, pour une couverture de 50 % ou 65 % des dépenses, avec un remboursement minimum de 30 % de l'indemnité. Pour l'assurance-crédit, la prime dépend de la catégorie OCDE du pays (8 catégories), de la qualité du débiteur, de la durée et de la structure du financement ; Bpifrance ne publie pas de barème et exige une part française d'au moins 20 %.


L'enquête en slides

Le Ghana est noté 7 sur 7 par l'OCDE, C par Coface, C4 par Allianz Trade. Trois grilles de risque pays, trois verdicts sur le même pays.
1. Le Ghana est noté 7 sur 7 par l'OCDE, C par Coface, C4 par Allianz Trade. Trois grilles de risque pays, trois verdicts sur le même pays.
Les trois grilles ne mesurent pas la même chose : l'OCDE évalue si un État remboursera sa dette extérieure, Coface et Allianz Trade le risque d'impayé des entreprises.
2. Les trois grilles ne mesurent pas la même chose : l'OCDE évalue si un État remboursera sa dette extérieure, Coface et Allianz Trade le risque d'impayé des entreprises.
Au 26 juin 2026, Ghana, Zambie, Sri Lanka et Kenya sont tous en catégorie 7 à l'OCDE. Coface les note C, D, D et C. Le Kenya n'a jamais fait défaut.
3. Au 26 juin 2026, Ghana, Zambie, Sri Lanka et Kenya sont tous en catégorie 7 à l'OCDE. Coface les note C, D, D et C. Le Kenya n'a jamais fait défaut.
Zambie (novembre 2020), Sri Lanka (avril 2022), Ghana (décembre 2022) : environ 28,5 milliards de dollars d'euro-obligations restructurées, de 22 à 43 mois de défaut.
4. Zambie (novembre 2020), Sri Lanka (avril 2022), Ghana (décembre 2022) : environ 28,5 milliards de dollars d'euro-obligations restructurées, de 22 à 43 mois de défaut.
En 2025, l'Afrique ne pèse que 4,8 % des exportations françaises de biens, soit 28,9 milliards d'euros : autant que la Chine et Hong Kong réunis. L'Asie pèse 12,2 %.
5. En 2025, l'Afrique ne pèse que 4,8 % des exportations françaises de biens, soit 28,9 milliards d'euros : autant que la Chine et Hong Kong réunis. L'Asie pèse 12,2 %.
Bpifrance Assurance Export a garanti plus de 30 milliards d'euros en 2025. Assurance Prospection : prime unique de 3 % du budget, couverture à 50 % ou 65 %, part française minimale de 20 %.
6. Bpifrance Assurance Export a garanti plus de 30 milliards d'euros en 2025. Assurance Prospection : prime unique de 3 % du budget, couverture à 50 % ou 65 %, part française minimale de 20 %.
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso étaient déjà en catégorie 7 à l'OCDE en janvier 1999. Ils y sont toujours en 2026. Une grille qui répond 7 pendant 27 ans n'a rien prédit.
7. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso étaient déjà en catégorie 7 à l'OCDE en janvier 1999. Ils y sont toujours en 2026. Une grille qui répond 7 pendant 27 ans n'a rien prédit.
Depuis 2020, 9 coups d'État réussis en Afrique de l'Ouest et centrale, dont 8 en pays francophones, selon Coface. Aucune grille de risque pays ne les avait annoncés.
8. Depuis 2020, 9 coups d'État réussis en Afrique de l'Ouest et centrale, dont 8 en pays francophones, selon Coface. Aucune grille de risque pays ne les avait annoncés.
L'enquête complète, chiffres et sources, sur Le Journal LSI.
9. L'enquête complète, chiffres et sources, sur Le Journal LSI.
Source — Le Journal LSI