Depuis 2010, des dizaines de milliards de dollars ont été investis dans l'EdTech mondiale. Coursera, Duolingo, Khan Academy, Udemy, et des centaines de plateformes moins connues ont promis de révolutionner l'éducation. Quel est le bilan ?
Les résultats sont, au mieux, mitigés. Des millions d'utilisateurs, des taux d'achèvement catastrophiques (souvent inférieurs à 5% sur les MOOCs), et peu de preuves d'un impact réel sur les compétences ou les trajectoires professionnelles.
Le problème n'est pas la technologie. La technologie peut être un outil puissant. Le problème est la confusion entre accès et apprentissage, entre contenu et connaissance, entre plateforme et pédagogie.
On a cru que rendre le contenu accessible suffirait à déclencher l'apprentissage. C'est une erreur fondamentale. L'apprentissage n'est pas un problème d'accès à l'information — les bibliothèques existent depuis des millénaires. C'est un problème de structure, de motivation, d'accompagnement, de rigueur.
La vraie révolution éducative ne viendra pas d'une meilleure application, mais d'une meilleure architecture pédagogique rendue scalable par la technologie. C'est une nuance cruciale. La technologie au service de la pédagogie, et non la pédagogie comme prétexte à la technologie.
C'est le pari de LSI : construire d'abord une doctrine pédagogique rigoureuse, puis la déployer avec les outils technologiques les plus efficaces. Dans cet ordre, et pas dans l'autre.