Il est un paradoxe bien documenté en économie de l'éducation : le retour sur investissement de la formation est parmi les plus élevés qui soient — et pourtant l'éducation est systématiquement sous-financée par les acteurs privés.
L'explication est simple : les bénéfices de l'éducation sont différés, diffus, et partiellement non-appropriables. On investit aujourd'hui pour des résultats qui se matérialisent dans cinq, dix, vingt ans. Une partie de ces résultats bénéficie à la société dans son ensemble plutôt qu'à l'investisseur initial. C'est ce que les économistes appellent une externalité positive.
Cette structure de bénéfices explique pourquoi l'éducation est traditionnellement un domaine d'investissement public plutôt que privé. Mais elle explique aussi pourquoi, quand l'État se retire, l'éducation se paupérise.
L'investissement éducatif de LSI procède d'une logique différente. Nous ne cherchons pas un retour sur investissement financier à court terme. Nous cherchons à construire une infrastructure intellectuelle dont les bénéfices s'étaleront sur des décennies. C'est un investissement civilisationnel, pas un investissement commercial.
Cela suppose des investisseurs — qu'on préférerait appeler des mécènes ou des fondateurs — capables de penser sur des horizons longs et d'accepter que certains retours soient mesurables non en euros mais en influence, en capital culturel, en legs institutionnel.